Les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

 

Anorexie, boulimie, hyperphagie, pica, mérycisme…. Certains de ces termes vous sont familiers ? D’autres, pas du tout ?

Petit tour d’horizon de ces différents troubles du comportement alimentaire (TCA) qui me sont, pour certains bien familiers, pour en avoir moi-même souffert, pendant près de 20 ans.

  • L’anorexie mentale

Si, selon les chiffres publiés par l’INSERM, environ 20 % des femmes adoptent, à un moment de leur vie, des conduites de restriction et/ ou de jeûne, seule une minorité d’entre elles tombent dans l’anorexie, présentant alors tous les critères diagnostiques associés à ce trouble.

  • Des symptômes bien définis

Le diagnostic de l’anorexie mentale repose sur des critères cliniques précis, issus des classifications internationales tels que la CIM (Classification internationale des maladies) et/ou le DSM-V(Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux)).

 

                                                                                           Critères diagnostics du DSM-V :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                              Critères diagnostics de la CIM-10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les critères diagnostiques ne reposent donc pas sur un seul mais plusieurs symptômes

 

  • Origines

 

S’il est vrai qu’il faut 2 facteurs pour que se développe une anorexie mentale,

- un profond mal-être,

- un régime hypocalorique

les troubles des conduites alimentaires, et notamment l’anorexie mentale, sont polyfactoriels et trouvent leur origine à la croisée de facteurs génétiques, psychologiques, environnementaux, socioculturels, familiaux …( prédisposition génétique, perfectionnisme, manque de confiance en soi, estime de soi effondrée, idéalisation de la minceur, traumatismes, troubles anxieux ou de l’humeur, TOC, trouble de la personnalité, addictions…)

 Parmi ces facteurs, certains vont être prédisposants, précipitants ou alors pérennisants.

 

Il me semble important de pointer ici le fait que le repérage et la prise en charge précoces du trouble favorise indéniablement le pronostic, avec un risque moindre de chronicisation et de complications somatiques, psychiatriques ou psychosociales.

 

  • Prise en charge et traitement

Le traitement et la prise en charge de l’anorexie mentale sont complexes et s’étendent généralement sur plusieurs années.

 

Quand hospitaliser ?

L’indication d’hospitalisation ne repose pas sur un unique critère mais sur l’association de plusieurs d’entre eux et surtout sur leur évolutivité.

 

Elle est fortement recommandée dans les cas de troubles sévères et lorsqu’il y a danger vital. L’anorexie mentale est effectivement une maladie mortelle qui tue chaque année encore de nombreuses jeunes femmes et hommes, que ce soit par complication de la maladie ou par suicide.  

Critères d’hospitalisation complète définis par la Haute Autorité de Santé

 

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2010-09/fs_anorexie_3_cdp_300910.pdf

 

 

Lorsque l’hospitalisation ne s’impose pas, une prise en charge multidisciplinaire est préconisée.

Pourquoi ?  

 

Tout simplement dans l’objectif de :

 

- réduire les conséquences somatiques et traiter les comorbidités,

- rétablir une relation apaisée avec l’alimentation,

- réduire l’anxiété,

- prendre en charge les difficultés psychologiques,

- renouer avec une image positive de soi et de son corps,

- se réconcilier avec ses émotions,

- désamorcer les tensions familiales…

 

 

Médecin généraliste, médecin psychiatre, médecin nutritionniste, diététicien, psychologue, kinésithérapeute, psychomotricien mais aussi sophrologue, hypnothérapeute, relaxologue, psychopraticien, art-thérapeute, coach, praticien en relation d’aide…  ont, tous, indéniablement, chacun un rôle à jouer dans l’accompagnement des personnes qui souffrent de troubles du comportement alimentaire, et ce, avec pour objectif commun : leur rétablissement et mieux-être.

 

N’oublions pas la famille qui a, elle aussi, toute sa place dans le processus thérapeutique.

 

Le partage avec d’autres malades peut également s’avérer être bénéfique. Personnellement, les groupes de parole m’ont permis de me sentir comprise et entendue et donc, moins seule face à la maladie mais aussi d’apaiser les sentiments de honte et de culpabilité qui me rongeaient insidieusement à l’époque. 

  • La Boulimie nerveuse (communément appelée boulimie)

Tout comme l’anorexie restrictive, la boulimie constitue un trouble complexe, multifactoriel qui se caractérise par une consommation compulsive d’une grande quantité de nourriture associée à des comportements de purge (tentative d’éliminer la nourriture absorbée, par vomissements provoqués ou autres stratégies).

 A sa différence, 70% des personnes atteintes de boulimie ont un poids normal. La boulimie est ainsi insuffisamment repérée et prise en charge tardivement ; ses formes partielles le sont encore moins fréquemment (« invisibilité » du trouble).

Quels sont les critères du DSM V pour le diagnostic de la boulimie ?

A. Survenue récurrente de crises de boulimie. Une crise de boulimie répond aux deux caractéristiques suivantes :

- absorption, en une période limitée (p. ex. moins de 2 heures), d'une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens absorberaient en une période de temps similaire et dans les mêmes circonstances

-  sentiment d'une perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant la crise (p. ex. sentiment de ne pas pouvoir s'arrêter de manger ou de ne pas pouvoir contrôler ce que l'on mange ou la quantité de ce que l'on mange)

B. Comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids, tels que : vomissements provoqués, emploi abusif de laxatifs, diurétiques, lavements ou autres médicaments, jeûne, exercice physique excessif.

C. Les crises de boulimie et les comportements compensatoires inappropriés surviennent tous deux, en moyenne, au moins deux fois par semaine pendant trois mois.

D. L'estime de soi est influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle.

E. Le trouble ne survient pas exclusivement pendant des périodes d'anorexie mentale.

Quelles sont les principales conséquences de la boulimie ?

- La boulimie tout comme les autres troubles du comportement alimentaires ont un retentissement important, tant sur un plan individuel, familial, que social.

- Elle a, par ailleurs, un retentissement majeur sur la santé physique et psychique des personnes qui en souffrent et est fréquemment associée simultanément ou ultérieurement à d’autres troubles psychiatriques, tels que la dépression, les troubles anxieux, les troubles addictifs (alcool, cannabis…) ou encore les troubles de la personnalité.

- La boulimie est également associée à risque important de surmortalité liée aux troubles métaboliques induits et au passage à l’acte (suicide).

- Avoir souffert d’un trouble des conduites alimentaires fait courir le risque de souffrir d’une récidive ou d’une autre forme de trouble des conduites alimentaires au cours de la vie….

Vous voulez en savoir plus sur les complications somatiques, les urgences ou encore la prise en charge ? N’hésitez pas à consulter cette page de la HAS ( Haute Autorité de Santé) https://www.has-sante.fr/jcms/c_2581436/fr/boulimie-et-hyperphagie-boulimique-reperage-et-elements-generaux-de-prise-en-charge.

Quand hospitaliser ?

Les critères d’hospitalisation dans le cadre la boulimie ne sont pas aussi clairement définis que dans l’anorexie.

 

 

 

      

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Boulimie et ses liens avec l’anorexie

Anorexie mentale et boulimie sont étroitement liés et peuvent être associés ou s’alterner. En effet, entre un tiers et la moitié des personnes   qui souffrent d’anorexie mentale ont des crises de boulimie et 27 % de celles qui souffrent de boulimie ont des antécédents d’anorexie mentale.

 

  • L’hyperphagie boulimique ( ou hyperphagie)

 

Contrairement au DSM-IV, la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSN-V), reconnaît l'hyperphagie boulimique (« binge eating disorder » en anglais) comme un trouble alimentaire à part entière avec pour critères diagnostiques les éléments suivants :

 

  • Épisodes récurrents d’accès hyperphagiques (« binge eating »), un épisode étant caractérisé par deux éléments :

- absorption, en une période de temps limitée (par exemple, en 2 heures), d'une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens mangeraient dans une période de temps similaire et dans les mêmes circonstances ;

 

- sentiment d'une perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant l'épisode (par exemple, sentiment de ne pas pouvoir s'arrêter de manger ou de ne pas pouvoir contrôler ce que l'on mange ou en quelle quantité).

 

Les accès d’hyperphagie sont associés à au moins trois des caractéristiques suivantes :

 

- manger beaucoup plus rapidement que la normale

- manger jusqu'à se sentir inconfortablement plein

- manger de grandes quantités de nourriture sans ressentir la faim physiquement

- manger seul parce qu’on se sent gêné par la quantité de nourriture que l’on absorbe

- se sentir dégoûté de soi-même, déprimé ou très coupable après avoir trop mangé.

 

  • Les accès hyperphagiques entraînent une détresse marquée.

 

  • Les accès hyperphagiques surviennent, en moyenne, au moins une fois par semaine depuis au moins 3 mois.

 

  • Les accès hyperphagiques ne sont pas associés au recours récurrent de comportements compensatoires inappropriés comme dans la boulimie, et ne surviennent pas exclusivement au cours d’une boulimie nerveuse ou d’une anorexie mentale.

 

 

Le seuil de sévérité est établi selon la fréquence des épisodes hyperphagiques. Le niveau de gravité peut être majoré afin de refléter les autres symptômes et le degré d’incapacité fonctionnelle :

 

- trouble léger : un à trois épisodes hyperphagiques par semaine,

- trouble moyen : quatre à sept épisodes hyperphagiques par semaine,

- trouble grave : huit à treize épisodes hyperphagiques par semaine,

 - trouble extrême : plus de quatorze épisodes hyperphagiques par semaine

Le grignotage continu de petites quantités d'aliments toute la journée n'est pas considéré comme de l'hyperphagie boulimique.

Selon diverses études, près de 30 à 50 % des personnes souffrant d’obésité souffriraient également d’hyperphagie boulimique. Ces patients consulteraient encore moins que les autres patients atteint de troubles du comportement alimentaires pour évoquer leurs symptômes. Lorsqu’ils consultent, leur demande concerne exclusivement les conséquences de leur surpoids : trouble cardiovasculaire, dyslipidémie, apnée du sommeil…

 

Cet état de fait montre toute l’importance de mieux connaitre ce trouble pour un repérage et une prise en charge précoces.

 

Comme pour l’anorexie et la boulimie, la prise en charge de l’hyperphagie doit, à mon sens, être pluridisciplinaire pour un accompagnement intégratif et, par là même, optimal.

 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les pages suivantes https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-psychiatriques/troubles-du-comportement-alimentaire/hyperphagie-boulimique; https://www.has-sante.fr/jcms/c_2581436/fr/boulimie-et-hyperphagie-boulimique-reperage-et-elements-generaux-de-prise-en-charge

Pour faire suite à cette brève description des 3 troubles du comportement alimentaire les plus répandus, il me semble important de réserver quelques lignes afin de mettre à mal les fausses croyances qui existent autour des troubles du comportement alimentaire et vous présenter mon approche lorsque l'on parle de TCA.

 

 

 TCA et fausses croyances

  • Est-ce qu'il faut forcément avoir un problème de poids pour avoir des troubles du comportement alimentaire ?

Non, certaines personnes parviennent à maintenir un poids stable en alternant des périodes de restriction alimentaire et des périodes de grandes prises alimentaires.

Ça n'est donc pas parce qu'un trouble ne se voit pas qu'il n'est pas grave.

Citons pour exemple la boulimie qui constitue, tout comme les autres formes de TCA, une vraie pathologie aux conséquences parfois dramatiques ( suicide, arrêt cardiaque par hypokaliémie, hémorragie digestive…)  

  • Les TCA n’affectent que les femmes

 

Faux. Beaucoup pensent que les troubles alimentaires sont uniquement l’affaire des femmes. Or, selon les statistiques, près de 10 % des hommes seraient concernés par les troubles du comportement alimentaire (selon la HAS, près de 40 % des personnes qui souffrent d’hyperphagie boulimique sont des hommes.…).

  • Les familles sont responsables

Si pendant de très nombreuses années, la famille et particulièrement la mère a été considérée, à tort, comme responsable, aujourd’hui il est avéré que les troubles du comportement alimentaire ont une origine multifactorielle (susceptibilité génétique, environnement social et familial favorisants, facteurs psychologique prédéterminants …)

  • C’est juste pour attirer l’attention

 

Non. Comme nous avons pu l’expliquer ci-dessus, les troubles du comportement alimentaire constituent de véritables maladies aux conséquences parfois dramatiques.

 

  • Les troubles alimentaires ne touchent que les adolescents.

Faux. Même si les troubles du comportement commencent majoritairement à l’adolescence, ils touchent malheureusement toutes les catégories d’âge. Enfants, adultes et seniors ne sont, en réalité, nullement à l’abri, de tomber un jour ou un autre dans l’engrenage que constitue l’anorexie, l’hyperphagie ou toute autre forme de TCA.

Mon accompagnement

De manière générale et plus particulièrement encore, lorsque l'on accompagne une personne qui souffre de TCA, il me semble primordial de pouvoir proposer une approche personnalisée et intégrative. Pas de protocole stéréotypé, pas d'accompagnement '' clés en main '' mais plutôt un travail collaboratif, évolutif avec votre cheminement et adapté à qui vous êtes, quels sont vos besoins et objectifs.

 

Après une première phase de ' prise de contact ' permettant de mieux nous connaitre et l'instauration d'une relation propice à une mise en action en douceur, le travail peut commencer.

Sur quoi allons nous travailler ?

- sur ce qui vous amène à manger sans faim ou au contraire à vous priver au point de mettre votre vie en danger,

- sur vos peurs, vos croyances, vos pensées ' dysfonctionnelles ' qui vous empêchent de faire autrement et vous bloquent dans des mécanismes sans issue,

- sur le lâcher prise en cas hypercontrôle,

- sur votre relation au corps et au monde en travaillant sur le regard que vous vous portez mais aussi sur votre estime et confiance en vous,

- sur votre affirmation de soi,

- sur vos piliers et objectifs de vie,

- sur vos ressources et capacités,

- sur vos sensations alimentaires (satiété, rassasiement...) et gustatives par le biais d'exercices simples choisis ensemble.

- sur vos besoins nutritionnels en termes de besoins vitaux et plus si nécessaire en lien avec une diététicienne.

La particularité de mon accompagnement repose sur la diversité des approches et outils à ma disposition de par la multitudes de formations que j'ai pu suivre ces dernières années. De fait, nous pouvons ainsi commencer à travailler sur les émotions pour ensuite passer par un travail psychocorporel, pour continuer avec une séance de coaching ou d'hypnose le cas échéant....pour embrayer sur une nouvelle approche en fonction de l'avancée ou non de l'accompagnement.

Ce qui est important de savoir, c'est que le travail que je vous propose se construit ensemble et à votre rythme. Vous n'êtes pas à l'aise avec l'hypnose ? Pas de souci. Vous souhaitez raccourcir ou au contraire espacer le temps entre deux RDV ? Je suis à l'écoute de votre demande. L'accompagnement est long et pèse sur votre budget ? Nous en discutons. 

Je travaille pour vous mais surtout AVEC vous.

Pour plus d'information, n'hésitez pas à me contacter par mail ou téléphone au 07 68 42 29 78

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Me Contacter:

 

Virginie Bayart

Adresse Mail : cabinet.marceau59560@gmail.com

Téléphone : 07 68 42 29 78

Adresse : 47 Rue Marceau à Comines

Horaires :

Sur RDV uniquement, selon les horaires suivants.

Mercredi : 9h00 – 13h00 / 13h30 – 18h30

Jeudi : 9h00 – 13h00 / 13h30 – 18h30

Vendredi : 9h00 – 13h00 / 13h30 – 18h30

Samedi : 9h – 13h00 / 13h30 – 17h30

Dimanche : à la demande